Le Grand Palais est l'un de mes monuments parisiens préférés. Le cycle "Monumenta" fait ainsi partie des expositions incontournables que je ne rate jamais. J’avais adoré la 1ère édition avec Anselm Kiefer et moins apprécié l’œuvre de Richard Serra qui me semblait trop déconnecté du bâtiment lors de la 2e édition. Or, l’architecture de cette nef est déjà un manifeste en soi, et je pense qu’il est nécessaire de dialoguer avec elle.
A l’heure où l’on parle beaucoup de co-working, on ignore souvent que cet édifice exceptionnel est le résultat d’un travail de quatre architectes qui n’ont pu être départagés lors du concours. Il s’agissait d’ Henri Deglane (nef nord et sud), Albert Louvet (la partie centrale), Albert Thomas (l’aile ouest) et Charles Girault (coordination générale et Petit Palais). La nef mesure pas moins de 13500 m2 qui culminent à 45 mètres de hauteur et abritent la plus grande verrière d’Europe. L’un des but de Monumenta est de montrer des œuvres inédites dans ce patchwork architectural, de les rendre accessibles afin de s’adresser au plus grand nombre.
Je pense que ce pari est réussi pour Monumenta 2011, et je qualifierai le parti pris d’Anish Kapour, dans la nef du Grand Palais, tout simplement de « gonflé ». Cela tombe bien, car la gigantesque structure gonflable de l’artiste britannique d’origine indienne fait penser au ventre de la baleine, tout en jouant avec la forme de l’édifice et avec sa transparence. De l’extérieur, on voit un vaste corps solide et très présent, une forme organique et poétique à la fois. Après le passage dans un sas, vous accédez à l’intérieur et cela surprend car vous apercevez la structure de la coupole (visitez l’installation de jour et de préférence un jour ensoleillé) qui se superpose à la structure imaginée par le plasticien. On regrettera peut être que l'espace de la visite soit relativement limité, mais on imagine les difficultés organisationnelles si l'on devait enjamber des échelles pour passer dans les bulles attenantes.
En tous les cas, un véritable dialogue s’installe avec l’extérieur. On se retrouve dans le ventre maternel et l’on devine ce qu’aperçoit l’enfant à naître du monde extérieur. En fait, cette installation donne corps à la sphère, elle matérialise le vacuum et donne de la densité au trou.« L’ère du vide » ne passera pas par Anish Kapoor;-)
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